Portraits de nos bénévoles: Étienne Pleau Trottier témoigne de son implication. #TLM20
18-12-2019

Portraits de nos bénévoles: Étienne Pleau Trottier témoigne de son implication. #TLM20

Aider une personne à s’aider elle-même m’apporte un sentiment d’accomplissement inégalable.

En novembre 2018, je suis devenu bénévole pour SAM. Je réponds aux appels de proches endeuillés, ou à ceux de personnes en crise ayant des idées suicidaires. Parfois, il peut arriver que des employés d’autres organismes, peu familiers avec la problématique du suicide, appellent pour obtenir des conseils.

Je donne quatre heures par semaine, habituellement le jeudi soir de 20h à minuit, car cela fonctionne bien avec mon horaire. Je fais aussi du bénévolat pour la Croix Rouge Canadienne, au sein de l’équipe d’intervention de la région Mascouche-Terrebonne.

En fait, j’ai toujours voulu aider les gens.

À la Croix Rouge Canadienne, il m’arrive d’intervenir sur des situations graves, par exemple des incendies résidentiels qui laissent les victimes sous le choc. Leurs proches peuvent être blessés, ou, malheureusement comme cela arrive souvent, leurs animaux domestiques sont morts dans l’incendie. Ces personnes sont en détresse, et il faut savoir trouver les mots justes pour les soutenir.

Dans le passé, je n’ai pas toujours été à l’aise lors de certaines interventions et c’est le désir de développer mes aptitudes de communication qui m’a donné envie de rejoindre l’équipe de SAM.

Ce défi, je suis parvenu à le relever! J’ai énormément appris au contact des autres bénévoles, à qui je peux demander conseil. Est-ce que j’ai bien fait de dire ça? Comment aurais-tu réagi à ma place? Est-ce que j’aurais dû faire quelque chose en plus? Je pose autant de questions que je le souhaite et cela m’aide à m’améliorer et à bonifier mes interventions auprès des personnes qui nous appellent.

Chez SAM, il y a toujours un employé pour nous guider, nous orienter, nous aider, et il est important de savoir rester ouvert à recevoir de la rétroaction sur ses interventions, d’autant que chaque appel est différent.

Je suis encore un petit nouveau, mais je constate que le suicide peut toucher n’importe qui. Tous types de personnes décrochent leur téléphone et nous appellent, des jeunes, des moins jeunes, de tout milieu social.

Les appels qui me touchent le plus sont ceux de parents qui se renseignent au sujet de leurs enfants. Ils sont impliqués, ils veulent aider, mais se sentent impuissants. Je leur dis à quel point je suis fier d’eux, je suis tellement content qu’ils aient appelé, et qu’ils soient proactifs pour obtenir des ressources. C’est vraiment la première étape. Il faut être capable de leur poser les bonnes questions, de les orienter vers les bonnes ressources.

Pour être un bon bénévole, je crois qu’il faut avoir le sens de l’écoute, mais aussi savoir faire preuve d’un peu de fermeté au besoin. Les gens qui nous appellent ont besoin d’être constamment recentrés en mode «solutions». C’est ce que j’essaie de faire.

Quand je ne fais pas mon quart chez SAM, je suis expert en sinistre à temps partiel dans une compagnie d’assurances automobile ainsi qu’assistant gérant dans une pharmacie. J’ai de la chance d’avoir une situation confortable et du temps libre qui me permettent de faire du bénévolat.

Souvent, à la fin d’un appel, je sens déjà qu’il a une amélioration chez la personne en détresse, que j’ai changé quelque chose pour elle, que je l’ai accompagnée vers une sortie de crise, au moins pour la soirée.

J’encouragerais tous les gens qui en sont capables de faire du bénévolat eux aussi. On apprend tellement de choses! Le sentiment d’accomplissement et d’utilité qui vient avec est  énorme et tout simplement inestimable.

Étienne Pleau Trottier, bénévole chez SAM depuis 2018
Propos recueillis par Céline Gobert, journaliste.