Portraits de nos bénévoles: André Lavoie témoigne de son implication. #TLM20
13-01-2020

Portraits de nos bénévoles: André Lavoie témoigne de son implication. #TLM20

J’ai vécu des moments difficiles dans les dernières années et m’impliquer m’a fait le plus grand bien. Parler des problèmes des autres m’aide parfois à relativiser les miens.

C’est lors de la soirée d’anniversaire d’une amie qui fêtait ses 40 ans que j’ai eu le déclic. Elle m’a dit : «toi, tu serais bon chez Suicide Action Montréal». Je me suis engagé comme bénévole en juin 2006 et j’y suis encore 14 ans plus tard.

Mon engagement chez SAM prend deux formes.

D’abord, je réponds aux appels sur la ligne d’intervention afin de calmer les crises, donner des outils et des ressources aux personnes suicidaires ou à leurs proches.

Au téléphone, la première chose que je dois faire est un portrait fragmentaire de la personne qui nous appelle : prend-t-elle des médicaments? A-t-elle des enfants? À quoi ressemble son réseau social? Par la suite, on a la possibilité de se tourner vers l’équipe d’intervenants, si l’on a des questions ou si l’on éprouve le besoin de vérifier l’intervention qui a été faite. Souvent, on va avoir besoin de validation. On nous répond : «vous êtes là pour eux, c’est déjà énorme». Ou bien : «oui vous avez bien fait, continuez, ça va les aider». C’est très précieux.

Parallèlement, depuis 6 ans, je suis bénévole au service aux endeuillés. J’accompagne des personnes en face-à-face. Ce sont des rencontres privées : on est avec les personnes dans la même pièce, on voit le deuil en face de nous.

Que ce soit au téléphone ou en face de quelqu’un qui souffre, j’ai beaucoup d’empathie, mais en même temps, je sais garder une certaine distance, que je n’aurais pas si je connaissais les gens personnellement.

Une fois mes interventions terminées, je retourne à ma vie, à mes propres bagages personnels. Je suis capable d’avoir du recul sur ce que les gens vivent et je crois qu’inconsciemment c’est ce qu’ils cherchent.

Je nous vois comme des confidents et des accompagnateurs. Un bénévole doit savoir rester à l’écoute et travailler dans un esprit d’ouverture. Il y a des façons de faire qui existent avant nous, il faut savoir intégrer la mission de l’organisation et voir comment on peut s’y inscrire, tout en restant disponible à la souffrance de l’autre.

 Je crois aussi qu’il faut faire preuve d’humilité. On ne sauve pas le monde. On est une goutte d’eau dans l’océan de la souffrance. Par contre, je crois fermement une chose : une souffrance partagée est une souffrance allégée.

Grâce au bénévolat, je me réalise en tant que personne, j’en apprends aussi beaucoup. Ce que j’aime également c’est la diversité des gens que je côtoie. Des gens qui sont issus de différents milieux, de différentes professions; ça nous permet de créer de nouveaux liens.

Cette richesse des rencontres, ce plaisir d’être connecté avec des gens qui sont là pour aider, c’est agréable et extrêmement stimulant. Il n’y a rien de plus payant que la générosité. C’est un cliché que j’ai entendu 1000 fois mais c’est vrai.

Chez SAM, j’ai tissé des liens très forts. Je conseillerais de faire du bénévolat à quiconque se sent seul ou isolé. Être ensemble, solidaires, partager des idées, s’épauler, ça vaut vraiment tous les antidépresseurs!

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André Lavoie, bénévole chez SAM depuis 2006.
Propos recueillis par Céline Gobert, journaliste.