Portraits de nos bénévoles: Caroline Brouillet témoigne de son implication. #TLM20
27-01-2020

Portraits de nos bénévoles: Caroline Brouillet témoigne de son implication. #TLM20

À la fin d’une intervention, il arrive que les gens me remercient. C’est une belle paye du cœur de sentir que tu fais la différence dans la vie de quelqu’un.

J’éprouve beaucoup de gratitude pour ce que j’ai dans la vie; mes amis, ma famille, j’ai conscience de la chance que j’ai, alors redonner à la société et m’investir dans une cause me paraît important.
Le suicide est un sujet qui m’a toujours interpellée. Je me souviens même avoir réalisé un projet sur cette question au Cégep.

Qu’il y ait des gens dont la souffrance soit si grande qu’ils pensent à mourir est quelque chose qui vient vraiment me chercher.

Au début, je m’impliquais chez SAM une fois par semaine, car j’avais du temps. J’en ai un peu moins aujourd’hui mais comme je tiens à poursuivre mon engagement, j’y vais une à deux fois par mois.
Si certaines personnes hésitent à s’impliquer pensant qu’il s’agit d’un sujet trop intense, ou croient qu’elles ne seront pas capables d’y faire face, je leur dirais que la formation de SAM fait toute la différence. Mises en situations, documents, ressources, données, techniques d’intervention : celle-ci est excellente et très constructive.

Moi-même j’avais des peurs non-fondées avant de me lancer. Je travaille entre autres dans le domaine de l’événementiel et je craignais de ne pas avoir assez de background en relation d’aide. J’avais peur que la souffrance d’autrui m’affecte. Mais j’ai compris qu’il faut savoir se faire confiance et ne pas se limiter.
D’autant qu’à aucun moment on est seuls. À la centrale d’intervention, il y a toujours un employé présent pour nous aider et à qui l’on peut se référer et poser des questions. Parfois, une intervention peut générer des questionnements ou nous rappeler des événements personnels, mais il y a toujours quelqu’un vers qui l’on peut se tourner.

Je me souviens qu’après une intervention un peu plus complexe, j’avais appelé SAM. Personne n’a banalisé ce que je ressentais, on m’a même félicitée de m’ouvrir.

Finalement, m’impliquer chez SAM m’apporte beaucoup. Ça me permet de remettre en perspective mes propres problèmes, on voit autre chose que notre nombril. J’y reçois aussi une belle charge d’émotion positive. 

SAM m’a appris également des choses insoupçonnées. Par exemple, je suis désormais capable de laisser des silences dans mes échanges, à ne pas me précipiter pour les combler, en posant une autre question. Ils n’entraînent plus de malaise. Au contraire. Ces silences vont souvent aider mes interlocuteurs à se rendre plus loin dans leur questionnement.

N’importe quel événement de la vie peut conduire une personne à entretenir des idées suicidaires; une rupture amoureuse, de l’intimidation à l’école, une faille personnelle, des problèmes de santé mentale. Ça peut toucher n’importe qui. C’est pour ça qu’il est important, comme bénévole, de savoir faire preuve d’empathie, d’être capable d’être à l’écoute de l’autre, sans jugement.

Quand elles nous appellent, les personnes ont déjà fait le premier pas. Mon travail à moi va être de les orienter vers les solutions, de leur rappeler les moments d’exception, le beau futur qui les attend, les faire se concentrer sur leurs projets.

Et je suis convaincue d’une chose : la douleur qu’elles ressentent n’est jamais permanente.

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Caroline Brouillet, bénévole chez SAM depuis 2016.
Propos recueillis par Céline Gobert, journaliste.