Signes de détresse

Comment interpréter les signaux de détresse ?
La plupart des gens qui passent à l’acte ou pensent à le faire, ne souhaitent pas nécessairement mourir. Ils souhaitent mettre fin à leur souffrance avant tout. Lorsqu’ils traversent une crise grave, ils ne voient pas d’autre solution que le suicide.

Il est donc crucial de repérer ces signaux de détresse et d’agir ainsi que de valider la perception de la personne en détresse.

Prenons ces signes au sérieux. En cas de doute, il vaut mieux se fier à son intuition et agir !

N’hésitez pas à nous appeler pour obtenir de l’aide.

Les propos dévalorisants
Les signes inquiétants

Propos dévalorisants

Parler du suicide ou du désir «d'en finir»

Les phrases souvent entendues ressemblent à:
«Sans moi vous serez plus heureux»
«Si seulement je pouvais disparaître»
«Je ne peux plus vivre comme ça»

Il est faux de penser que les personnes qui parlent ouvertement de se suicider ne passent pas à l’acte. Au contraire, il s’agit souvent d’un appel à l’aide. S’il n’y a pas toujours une intention de suicide derrière ces phrases, elles révèlent en général un profond malaise.

L'autocritique fréquente, la faible estime de soi, une grande susceptibilité

Les personnes suicidaires se sentent souvent inutiles ou se dévalorisent et ressentent des sentiments de culpabilité et de honte, qu’elles expriment fréquemment.

Désespoir

Prononcer des phrases comme:

«Ça ne sera plus jamais comme avant»
«Ça ne changera rien»
«Je n’y arriverai jamais»

Faire des adieux

Lors de visites ou de coups de téléphone inattendus, sous-entendre que l’on ne va pas se revoir.
Rédiger des lettres d’adieu.

Les signes inquiétants

Le repli sur soi et l'abandon des activités habituelles

Ne plus faire attention aux choses qui étaient importantes avant. Négliger son cercle d’amis ou de connaissances. Éviter les contacts physiques.

Les gens qui traversent une crise suicidaire se sentent souvent seuls et isolés et peuvent l’exprimer à travers des phrases comme:

«Je ne compte pour personne»
«Personne ne s’intéresse à moi»

Rédiger des documents de dernières dispositions, faire des dons, des legs

Rédiger son testament, régler ses affaires familiales, donner/offrir des objets personnels.

Avoir un intérêt marqué pour ce qui est en rapport à la mort

Écrire des poèmes ou des textes, peindre des tableaux, lire des livres et consulter des sites consacrés à la mort.

Écouter de la musique macabre ou funèbre.

Faire des recherches sur les méthodes ou les moyens de se suicider

Poser des questions ou recherches sur internet :

«Quelles sont les méthodes pour réussir son suicide?»
«Comment se suicider sans souffrir?»
«Comment me procurer les moyens de me suicider?»

Des comportements à risque

L’augmentation des comportements à risque comme la consommation accrue d’alcool ou de drogues, pratiquer des loisirs à risque, avoir des rapports sexuels non protégés, conduire imprudemment sont révélateurs.

Les modifications du comportement

Les sautes d’humeur, les troubles de la personnalité sont à surveiller.

Les changements physiques

L’apparence physique et l’hygiène corporelle négligées, les troubles du sommeil, les sentiments de faiblesse, une baisse marquée et soudaine de la libido, les troubles du comportement alimentaire et les problèmes de poids doivent sonner l’alarme.

La sérénité et le détachement soudains

Si quelqu’un, après une période de découragement profond et de souffrance, paraît soudain très calme, satisfait et détaché, peut être un signe que la personne a décidé de mettre fin à ses jours.

Les facteurs de risque

Il existe de nombreux facteurs associés au suicide, qui peuvent contribuer à augmenter ou à diminuer le risque suicidaire chez un individu donné. Reconnaître ces facteurs est important dans la capacité de prévenir le suicide.

Cette liste n’est pas nécessairement exhaustive et l’important est que les personnes inquiètes pour elles-mêmes ou pour d’autres nous appellent.

  1. Les facteurs prédisposants correspondent aux éléments du passé qui peuvent rendre la personne plus vulnérable.
    • Une ou plusieurs tentatives de suicide
    • Les problèmes de santé mentale (dépression, schizophrénie, troubles anxieux)
    • Les problèmes de dépendance à l’alcool ou aux drogues
      Divers traits de personnalité (l’anxiété, la faible estime de soi, l’impulsivité)
    • La difficulté de reconnaissance ou d’acceptation de l’orientation sexuelle
    • Les problèmes de santé physique chroniques
    • Le manque d’aptitude à résoudre certains problèmes
    • Un suicide chez un membre du réseau immédiat de la personne
    • La maltraitance dans l’enfance
    • L’isolement et l’absence de liens significatifs dans la famille
    • Le chômage et/ou la pauvreté
  2. Les facteurs contribuants amplifient la fragilité de l’individu (les abus de substance, un environnement social instable).
    • L’abus de substances et de jeux de hasard
    • Les idées suicidaires antérieures
    • Le fait de vivre seul
    • L’effritement dans les relations interpersonnelles
    • Le refus de demander de l’aide
    • L’augmentation de l’impulsivité
    • Des conflits dans la famille ou au travail
    • L’isolement
    • L’absence de réseau de soutien
    • Un deuil récent
    • La disponibilité des moyens pour se suicider
    • Le manque de continuité dans les soins
  3. Les facteurs précipitants sont des éléments qui peuvent déclencher une idée ou un comportement suicidaire. Ils sont regroupés selon des périodes de la vie.

À l’adolescence

    • Une rupture amoureuse
    • L’échec scolaire
    • Des conflits soudains dans la famille
    • Un conflit avec les pairs avec humiliation et/ou rejet

À l’âge adulte

    • Une rupture amoureuse
    • La perte d’un emploi
    • Un échec professionnel
    • Un conflit avec la justice
    • Des difficultés financières

Chez les personnes âgées

    • Le deuil du conjoint
    • La perte du permis de conduire
    • La perte de l’autonomie fonctionnelle
    • L’emménagement dans un établissement pour personnes en perte d’autonomie
    • La maladie chronique

Au même titre que les facteurs de risque doivent être pris en considération, certaines caractéristiques individuelles doivent être reconnues. Ces caractéristiques impliquent des populations plus vulnérables.

  • Hommes
  • Population autochtone
  • Personnes homosexuelles, bisexuelles ou transsexuelles
  • Jeunes de 15 à 24 ans
  • Personnes âgées de 65 ans et plus
  • Personnes incarcérées
  • Personnes ayant vécu un ou plusieurs épisodes de blessures auto-infligées
  • Personnes ayant un problème de santé mentale ou des douleurs chroniques
  • Personnes ayant un problème de dépendance

Les facteurs individuels

  • La capacité à demander de l’aide
  • La connaissance et la confiance en soi
  • Les activités valorisantes
  • Un bon état de santé physique et psychologique
  • La résilience et les capacités à résoudre des problèmes, à gérer son stress
  • L’adoption de saines habitudes de vie
  • Développer un sentiment de sécurité
  • La capacité à se faire des amis, à s’intégrer dans un groupe

Les facteurs familiaux

  • Les relations harmonieuses avec la famille et l’entourage
  • Un milieu scolaire ou de travail respectueux et valorisant
  • De saines habitudes de vie dans le milieu familial
  • L’ouverture aux différences au sein de la famille
  • Le dialogue dans le milieu familial
  • Développer un modèle d’entraide
  • Renforcer la stabilité et la disponibilité au sein du milieu familial
  • Développer un réseau d’amis

Les facteurs environnementaux

  • L’accès à des services d’aide adaptés aux besoins de la population
  • La continuité des services
  • L’alliance entre les prestataires de service et la population en matière de prévention du suicide
  • Un programme de prévention du suicide dans la communauté

Écoutez les signes

Si vous percevez un ou plusieurs de ces signes avant-coureurs d’un désir de suicide chez quelqu’un de votre entourage ou reconnaissez vos propos, n’hésitez pas à lui conseiller de consulter quelqu’un ou de nous contacter.